MoviesPlusReview
samedi 26 octobre 2013
Mi-figue mi-Gravity
"Gravity", 2013, d'Alfonso Cuarón, avec Sandra Bullock et George Clooney
Note: 5/10
Pour sa première expédition à bord d'une navette spatiale, le docteur Ryan Stone (Sandra Bullock), brillante experte en ingénierie médicale, accompagne l'astronaute chevronné Matt Kowalsky (George Clooney). Mais alors qu'il s'agit apparemment d'une banale sortie dans l'espace, une catastrophe se produit... (Résumé allocine.fr)
Je suis déçue. Et c'est de ma faute. Règle n°1: ne jamais projeter ses envies sur un film dont on ne sait rien. J'espérais une oeuvre métaphysique sur l'Espace. Je me suis retrouvée devant un blockbuster au scénario minimaliste.
Un blockbuster virtuose, certes. La première partie, mise en place, est sublime, filmée de main de maître. Puis l'histoire démarre, et tout se gâte. On tombe dans un survival (survie à la fois en milieu hostile et à soi-même) classique, alourdi d'une surenchère horripilante de grandes phrases, de bons sentiments et d'envolées musicales.
Au final, Gravity est un sympathique divertissement, avec de sympathiques acteurs. Ni plus, ni moins. De là à comparer Cuarón à Kubrick...
dimanche 13 octobre 2013
Vivre, mieux vaut tard que jamais
"Night Train to Lisbon", 2013, de Bille August, avec Jeremy Irons, Martina Gedeck, Jack Huston, Mélanie Laurent, August Diehl, Charlotte Rampling, Tom Courtenay, Bruno Ganz, Lena Olin, Christopher Lee, Hanspeter Müller Drossaart
Note: 6/10
Je me souviens avoir tiqué (au minimum) quand certains ont vu dans Bille August le successeur à Ingmar Bergman. Suite à la Palme d'or qui a couronné "Les Meilleures Intentions" en 1992. N'est pas Bergman qui veut, et là, bien que le scénario ait été signé par le Maître suédois soi-même, on était loin du compte.
Depuis, l'eau a coulé, le soufflé est largement retombé. C'est donc sans aucune tentative de comparaison que je me suis lancée dans "Night Train to Lisbon". Sans avoir lu non plus le livre dont il est l'adaptation: "Nachtzug nach Lissabon" (2004), de Pascal Mercier, alias un professeur bernois de philosophie, Peter Bieri.
On découvre comment un prof de latin sexagénaire, Raimund Gregorius (Jeremy Irons), sauve la vie d'une jeune femme tentant de se suicider du haut d'un pont de Berne, la ville où il habite et enseigne.
La belle disparaît et il se retrouve avec un manteau rouge, un billet de train pour Lisbonne et le recueil d'un certain Amadeu de Prado.
Sur un coup de tête, Gregorius embarque dans le train en question. A la recherche d'informations sur la jeune femme, il va aller à la rencontre de l'auteur du livre, de son vécu (famille, amitié, amour, résistance) sous la poigne de Salazar et sa cruelle police. Mais surtout, Raimund va aller à la rencontre de lui-même.
Il ne s'agit pas d'un film historique sur la dictature portugaise, sur la Révolution des oeillets. Le scénario est truffé d'incrédibilités (tout le monde parle parfaitement anglais, entre autres). Quant à la réalisation, elle est plutôt vieillotte, surfant sans arrêt sur des flashback, empreinte de romanesque et de visions cartes postales.
Pourtant, malgré cela, le film fonctionne. On s'y plonge, on s'attache aux personnages, à leur histoire. Tous, passés et présents, émouvants, touchants.
Au final, de cette mélancolie naît un message d'espoir: la vie, c'est ici et maintenant. Et il n'est jamais trop tard.
samedi 12 octobre 2013
Le vide d'Adèle
"La Vie d'Adèle", 2013, d'Abdellatif Kechiche, avec Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux.
Note: 1/10
Il y a eu la Palme d'or au festival de Cannes 2013. Il y a eu la polémique, largement relayée par les médias. Il y a le film, celui que je suis allée voir - sans a priori ni préjugés.
Le verdict (il n'y a pas d'autre mot) est tombé rapidement: quel ennui! Ce n'est pas faute d'avoir essayé: pendant 1h30 (ça dure 3h), je me suis accrochée à mon fauteuil, dans l'espoir d'un déclic. Dans l'espoir qu'il se passerait quelque chose.
Avec toujours cette question au coin de l'esprit: mais comment peut-on encenser un film qui entasse les poncifs et les clichés? Sur l'adolescence, l'homosexualité féminine, la passion, l'art, la sociologie...
Avec toujours cette remarque au coin de l'esprit: il faut avoir bien peu vécu, voire n'être jamais sorti de chez soi, pour s'extasier devant cette relecture plate, cousue de dialogues creux.
On ne crée pas une oeuvre majeure à coups de belles images, de plans cadrés serrés-serrés. Et ce ne sont pas les scènes de sexe "vrai", tendance porno esthétisant, qui ajouteront de la force à un opus qui finalement ne vaut guère mieux qu'un "Martine tombe amoureuse" (cf. Twitter) porté sur grand écran.
De guerre lasse, j'ai quitté la salle après 1h30. Sans autre regret que d'avoir gaspillé 19 francs suisses, un argent pour d'autres réalisateurs plus surprenants, galérant à dénicher un producteur.
1/10. Le "1" de la note pour Léa Seydoux. La seule qui joue juste, qui est. Qui transmet une vraie émotion, à la fois tripale et fragile. Là où tout le reste tombe à plat.
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